Voilà 6 jours que je n’ai pas écrit une ligne.
Manque d’inspiration ou perfectionnisme démesuré ? Peu importe, l’un ou l’autre, cette situation me frustre. Aujourd’hui, j’ai décidé de m’installer dans un café un peu plus loin de chez moi, histoire de me ressourcer. Et voilà que je tombe sur un groupe de jeunes, au nombre de quatre, qui discutent autour d’un thé d’un projet qui va sans doute changer le monde.
Tous équipés de leurs ordinateurs portables, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont déterminés, confiants et très motivés. Ce sont des jeunes en herbe âgés probablement de 20 à 22 ans, sans doute encore à l’université, mais déjà habités par des rêves d’adultes accomplis.
Ce n’est pas la première fois que je rencontre ce genre de clique de gamins rêveurs. On les voit partout. Sur Internet, dans les cafés, à la télé, tous pressés de lancer leur énième Start-up et de générer de l’argent à flot. De plus en plus de jeunes commencent à cultiver cette image de l’autodidacte parti de rien pour conquérir le monde… armés d’un simple ordinateur portable.
À les voir parler, cela me désole. Non pas pour leur grand appétit pour la réussite, que je salue, mais face à cette nouvelle vision du monde qui pousse les jeunes, et une bonne partie de notre société, à rêver grand sans se soucier des bases qu’on m’a inculquées quand j’avais leur âge : celles d’apprendre et d’acquérir de l’expérience.

Il faut savoir que dans notre beau pays, une PME disparaît toutes les dix minutes. Ce n’est pas moi qui le dis, mais c’est une information relayée récemment par la plupart des médias marocains [lien de l’article]. Les spécialistes ont identifié plusieurs causes à cette hécatombe. Tout d’abord, ceux qui jugent que le système bancaire est défaillant, ensuite ceux qui pointent du doigt le secteur informel et enfin d’autres qui soulignent un manque de confiance des institutions marocaines face à ces petites structures. Mais on oublie toujours une cause majeure de cette asphyxie de l’entrepreneuriat au Maroc : Le manque de formation. Et ces jeunes assis devant moi, tout comme ceux qui les ont précédés, en sont le parfait exemple.
Entreprendre n’a jamais été le chemin le plus court pour arriver à la réussite et il nous incombe à tous, professeurs, parents ou professionnels de rappeler l’importance de la formation et du partage d’expériences en entreprise avant de se lancer. Beaucoup savent pondre un projet, mais ignorent comment gérer une trésorerie, négocier avec des fournisseurs ou fidéliser leurs premiers clients.
Il se fait tard et je m’arrête là. Il est grand temps de lever le camp pour aller grignoter quelque chose, avant de rentrer chez moi pour consommer à mon tour, avec toute la culpabilité nécessaire, du contenu Instagram m’expliquant comment devenir millionnaire en une semaine. Après tout, on n’est jamais à l’abri d’un miracle…

Salaire tout seul ne suffit pas !