C’est fou comme ma batterie sociale s’épuise vite ! Interagir avec les gens est devenu pour moi un vrai fardeau. Pourtant, j’étais connu pour être très sociable. Alors, d’où vient ce changement ? Dois-je commencer à vivre avec ce nouveau comportement à l’aube de mes quarante ans ?
Pas plus tard que ce matin, un individu assis au café à ma droite a décidé, dans sa grande générosité, d’entamer une discussion avec moi au sujet de la qualification de l’équipe nationale en quart de finale contre la France. Comment vous dire que c’était pour le moins compliqué ! Entre ses analyses sportives pointues, ses scoops exclusifs et ses anecdotes, il était rigoureusement impossible de l’arrêter. Driss, le serveur, faisait exprès de me poser des questions insensées, jouant les sauveteurs d’un jour rien que pour me faire sortir de l’étreinte de ce chroniqueur à temps perdu. C’était vain. Mes réponses se limitaient à des « oui » et des « non » purement polis, jusqu’à ce que je décide enfin de capituler et de rentrer chez moi.
Peut-être que l’usure de ma batterie sociale est due à l’exposition prolongée à ce type de personnages. Maintenant que j’y pense, j’en ai connu énormément. Il est vrai que notre réserve d’hypocrisie polie se vide rapidement quand on est entouré de personnes qui ne partagent absolument pas les mêmes envies que les nôtres. C’est pour cela qu’il faut se demander s’il n’y a pas, au fond, un léger problème d’alignement avec les gens qui nous entourent.
Sur ce, cette chronique va malheureusement prendre fin sur ces mots car je dois bouger de toute urgence. Encore un expert météo qui demande mon avis sur la canicule…

Moment parfait.